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Des Cultures et des Dieux ( paru dans la Rubrique Livres Diasporiques N° 44 )

mise en ligne: 2007



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Sous la direction de Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa, Des Cultures et des Dieux, Librairie Arthème Fayard, Paris, 2007, …pages, 32 €

Impossible de faire une recension classique d’un tel ouvrage qui se veut, comme il est ajouté dans son titre, « donner au lecteur des repères pour une transmission du fait religieux ».

Pour chacun des trois monothéismes, le livre nous présente un aspect historique, une description du contenu de sa pensée religieuse et des arts y afférents, un regard sur son état actuel, une analyse de la situation qu’il réserve spécifiquement aux femmes, et aussi des informations sur le regard critique rationaliste qui s’est peu à peu développé à son propos. Les religions asiatiques auraient probablement mérité un développement plus important. Un regret également : la place trop réduite accordée aux débats inter-religieux, au sein même du christianisme, entre les trois religions monothéistes, et entre les religions monothéistes et les religions orientales.

Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa réussissent en particulier le tour de force de nous brosser un tableau remarquable du judaïsme dans sa diversité en seulement un peu plus d’une centaine de pages . Je ne résiste pas au plaisir d’en citer cet extrait : « Quelle tâche assigner aux intellectuels juifs de la diaspora ? Celle d’intellectuels organiques, au service de leur communauté, plus ou moins au diapason du discours officiel de ses institutions représentatives ? Celle de passeurs, d’interfaces actifs et créatifs entre le groupe juif minoritaire et la société globale ? Celle d’inventeurs et de promoteurs d’une culture juive diasporique autonome, positive, vivante, aussi éloignée de la sécheresse d’une « science du judaïsme », académique et abstraite, que de l’exaltation d’un retour au religieux rompant avec tous les acquis du dialogue du judaïsme avec les cultures non juives ? ».

Dans la partie dévolue à l’islam, l’histoire de sa genèse pèche quelque peu si on la compare au petit livre d’Alfred-Louis de Prémare Aux origines du Coran . Par contre le chapitre d’Olivier Roy, qui traite de la mondialisation et l’occidentalisation de l’islam, est remarquable. Citons : « L’opinion publique en Occident est souvent convaincue de deux choses : l’évolution de l’islam dépend du Proche-Orient et des crises politiques qui s’y déroulent, et pour que les musulmans acceptent l’occidentalisation et la démocratie, une réforme théologique de l’islam, c’est-à-dire l’avènement d’un islam libéral, est nécessaire... Or, si l’on observe bien l’émergence lente d’un islam réformiste et libéral, la tendance dominante, à la fin des années 1990, est plutôt celle du développement d’une forme stricte, voire fondamentaliste, que l’on appelle souvent salafisme. En particulier, le phénomène des born again et celui des conversions s’orientent plutôt vers cet islam-là. En l’occurrence, l’évolution de l’islam est en ligne avec celle du christianisme. Dans toutes les grandes religions occidentales les formes de revivalisme religieux à la fin du XXe siècle et au début du XXIe se font plutôt en faveur des fondamentalismes ».

Cet ouvrage dense, bien documenté, agréable à lire, devrait trouver sa place dans la bibliothèque des lectrices et lecteurs de Diasporiques : ils le consulteraient sans doute fréquemment.

Georges Wajs

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dernière mise à jour : mai 2010

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