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Mars 2002 : Deux questions aux candidats aux élections présidentielles et législatives

mise en ligne: mars 2002



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Le Cercle Gaston-Crémieux, « cercle de réflexion et de libres débats sur le fait juif en France et dans le monde », n’a pas pour vocation de suggérer à ses membres le choix de tel ou tel candidat. Engagé à gauche depuis sa création, en 1967, il estime en revanche de sa responsabilité d’intervenir sur la scène publique en demandant aux candidats de préciser leur position sur des questions-clés qui motivent l’existence même de ce Cercle.

Notre conception de la judéité est laïque et diasporique. Nous respectons à ce titre les engagements religieux des Juifs pratiquants et, tout en réprouvant vigoureusement la politique de l’actuel gouvernement israélien vis-à-vis des Palestiniens, nous respectons aussi – sans le partager nous-mêmes – le choix des Juifs qui ont décidé de constituer un Etat et d’y vivre. Nous sommes en faveur de la création d’un Etat palestinien et de la coexistence durable des deux peuples, israélien et palestinien, dans la paix et la sécurité.

Français et profondément républicains, nous souhaitons que notre pays évolue à l’avenir en prenant mieux en compte les dimensions politiques et culturelles auxquelles nous sommes attachés et qui dépassent – en l’englobant – le cas particulier de la judéité.

Nos deux questions spécifiques concernent l’une la France, l’autre l’Europe.

La France

La France est, dit sa Constitution, « une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Nous considérons quant à nous que ces quatre mots constituent un cadre fondamental de réflexion et d’action pour les citoyens de ce pays et leurs gouvernants. Un bref éclairage sur les deux premiers. Pour nous, le principe d’indivisibilité implique le constat non de « l’unicité » mais bien de la complexité de la République, en même temps qu’il exprime le refus d’y voir une simple juxtaposition d’entités différentes. Une complexité que la « laïcité » permet précisément de gérer, dans le respect mutuel des engagements individuels et collectifs des citoyens.

D’où notre première question. Les candidats peuvent-ils s’exprimer sur leur interprétation de ces mots clés et notamment sur la reconnaissance du caractère public – constitutionnel même – de la diversité culturelle de ce pays, dès lors que qu’elle ne conduit pas à revendiquer quelque renfermement communautariste que ce soit ? Et quelles mesures concrètes sont-ils prêts à prendre pour rendre opérationnelle leur position ?

L’Europe

Notre pays est résolument entré dans l’Europe. Pour ceux d’entre nous qui ont vécu les conflits du siècle passé ou pour ceux, plus jeunes, dont la vie a été néanmoins profondément marquée par leurs traces, cet événement est en soi l’un des plus importants auxquels il nous aura été donné de participer. Quelles que puissent être nos réserves sur telle ou telle modalité de la construction européenne actuelle, l’arbre ne saurait pour nous cacher la forêt. L’Europe est une réalité au renforcement de laquelle nous devons et nous voulons contribuer.

Cet engagement résolu nous donne à la fois le droit et le devoir d’interpeller les candidats aux élections sur leur conception de l’Europe politique, sociale et culturelle. En ce qui nous concerne, nous souhaitons notamment que le continent préserve la diversité politique et culturelle de chacune de ses composantes étatiques tout en favorisant les rapprochements transfrontaliers, en particulier du point de vue des peuples et des cultures rassemblés en cette partie du monde.

D’où notre seconde question : Les candidats peuvent-ils s’exprimer, sans langue de bois, sur le modèle politique et culturel qu’ils prônent pour la construction européenne, en particulier lorsqu’elle s’étendra effectivement au-delà des « Quinze » ? Sont-ils favorables à une évolution constitutionnelle des Etats européens vers une forme fédérative ? Et comment conçoivent-ils, en tout état de cause, la préservation de la diversité culturelle interne du continent ?

Mars 2002

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